Que la lumière choît !

Il y avait ce noir sur fond gris. Ce blanc sur fond noir. Ces formes imprécises qui se mouvaient en silence dans le ciel chaotique. Un arc-en-ciel fatigué, délavé, laissait pendre son fantôme pâle d’un nuage effiloché, essayant en vain de survivre en touchant sol.

Il y avait des falaises au-dessus de ma tête. Des strates de roches millénaires serrées les unes contre les autres qui ondulaient au gré des forces invisibles. Des colères incertaines formaient des yeux tourbillonant au coeur de ces verticalités subjectives.
Des îles se perdaient au loin, découpées dans les jaunes et les mauves de ce coucher de soleil vexé. Sur ces îles, des montagnes, des forêts… Des chenilles gigantesques laissaient perler leur salive sur la terre pour offrir à la lueur déclinante un rideau de discretion derrière lequel s’endormir paisiblement.

Une lettre dans le ciel. Des traits horizontaux. Des rayures, des zébrures et des spasmes de lumière. Coup d’éclat ! Vacarmes et secousses qui font cligner les yeux et sourire… Parle-moi, je t’assure, je n’ai pas peur… Que veux-tu que je regarde ? La lumière de tes éclairs ? Ou bien le noir qui vient envahir le gris autour ? Que cherches-tu à me dire… Parle, je t’en prie. Encore…

La première goutte d’eau tombe sur mon épaule. Coule. Tu n’as pas envie de parler ? Bien. Tant pis… Coulons alors.

[Comment ça le subjonctif présent de « choir » n’existe pas ? Mais on attend quoi pour tout inventer ?]

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