• 20Jul

    Comme j’étais heureuse quand j’ai décroché ce boulot !! Les six mois de chômage venaient de souffler leurs tristes bougies dans ma face. J’en prenais plein les yeux, de la crème de ce gâteau pas très bon.
    Orléans. Je me rapprochais de mon chéri. On allait peut-être pouvoir s’installer ensemble ? Après un an et demi, c’était raisonnable.
    Et c’est même un vrai petit nid d’amour douillet et verdoyant que nous avons déniché tous les deux, pratiquement à mi-chemin de nos lieux de travail respectifs. Tous ces grands et heureux événements ont été dignement fêtés. Ô joie Ô bonheur dans notre nouvelle demeure, à tous les deux, heureux d’être ensemble, heureux et amoureux.
    Certes, je pouvais rêver mieux comme boulot, niveau salaire, niveau compétences requises… Mon DESS n’était vraiment pas d’une grande utilité. Mais c’était un détail, alors.
    Pendant un an, je me suis donnée à fond. J’ai aimé ce que je faisais. Je me suis investie comme rarement.

    Il ya un an, à peu près jour pour jour, mon chéri m’a dit je ne t’aime plus. Alors bon, il est parti. Faut pas trop chercher à retenir les gens dans ce cas-là.
    Et puis, conséquence imprévue, de retour de mes vacances, j’ai perdu toute la motivation que j’avais auparavant pour mon travail. Je me suis désinvestie aussi farouchement que je m’étais défoncée pour ce boulot auparavant.
    Plusieurs raisons à cela. J’ai ouvert un blog. Grosse erreur a priori. Comme pour toute chose que je commence, je me passionne complètement. Mais par contre, j’attends encore la suite … C’est quand que je vais m’en lasser ?
    Le blog, coupable idéal de la désertification cérébrale professionnelle.
    Après, ça suffisait pas les conneries, alors, j’en ai rajouté une couche avec l’IRC.
    Bon soit. Il suffisait juste que je reprenne goût à mon travail, comme avant.
    ça fait maintenant plusieurs mois… Et j’attends encore que la motivation revienne. J’ai peur que rien ne bouge dans ce ciel tout rouge tant qu’aucun gros changement n’aura eu lieu dans ma vie.
    Trouver un nouveau taff. Pas le choix.

    Je pense à des projets, à des outils… Je regarde autour de moi, le vide, l’absence d’équipe compétente, l’absence de moyens, et je m’effondre. Les tâches ingrates qui s’amoncellent sur mon bureau. Les compétences que j’avais développées en informatique et qui s’envolent avec le temps. Le goût amer du sous-emploi. Le salaire qui ne me permet même pas de vivre seule dans mon nid d’amour pour oiseau solitaire. Colocation obligatoire si je veux continuer de vivre là. Et de toute façon, les loyers en ville sont encore plus élevés… Donc, pas vraiment de choix.
    C’est de la merde qui s’est entassée pendant un an dans ma vie. J’aimerais trouver une poubelle assez grande pour tout jeter, tout balayer, tout virer.
    Tout recommencer.
    Je relisais quelques notes sur mon ancien blog tout à l’heure. Bon sang ce que je me suis trouvée joyeuse. Y’a pas si longtemps que ça. Quand j’y croyais encore, que j’allais la retrouver cette putain de motivation. Comment j’ai pu m’investir aveuglément pendant un an et tout laisser partir en vrille si vite ?
    C’est pas moi qui ne vais pas bien. C’est ma vie.
    C’est pour ça que je ne suis pas déprimée. (ou pas encore). C’est pour ça que j’arrive pas à chialer. C’est parce que moi, je vais très bien !! Merci !!
    La motivation, elle reviendra pas. Elle reviendra jamais si rien ne change au niveau de ce boulot-là. Et dans ce genre de structures, les changements ne sont pas monnaie courante, ni rapide, ni trébuchante.
    SO.
    Blandine. T’as trois semaines pour réussir l’exploit physique et intellectuel de l’auto-administration de pied au cul.
    Quand tu rentres de tes vacances d’ermite pyrénéen en bob et bronzage chaussettes- débardeur, tu refais ton CV.
    Hein ???
    Allez bordel !!! TU M’ECOUTES QUAND JE T’ECRIS OUI ???
    Tain. J’vais jamais y arriver. J’vais écrire quoi sur mon CV pour remplir un an de vide ? Et je vais chercher quoi comme boulot ? Est-ce que je fais bien toujours mon métier d’origine là ?
    … T’es chiante. Ecris que t’es chiante sur ton CV et que tu blogues et que tu chantes sous la douche et que t’as laissé crever trois plantes vertes cet hiver et aussi que t’aimes ton chat. Voilà.

  • 20Jul

    Sachant qu’il y a 4 votes en tout et pour tout pour moi,
    ET
    Sachant que j’ai déjà voté 3 fois pour moi-même (et que non, j’ai même pas honte de l’avouer parce que Aide-toi et le Ciel t’aidera qu’y disait le monsieur),

    Combien y’a t’il de gen qui m’aime autour de moi, hein ??

  • 20Jul

    Le message qui s’affiche sur mon téléphone attend patiemment une réponse.
    “… J’avais besoin de te retrouver…”
    Les points sont bien à leur place. Comme nous avions pris l’habitude d’user de la ponctuation afin de mieux souligner les mots qui nous liaient. Mon prénom, confortablement installé dans sa fin de phrase, derrière sa virgule personnelle qui lui ouvre la route. Tu me donnes malheureusement une place que je ne suis pas en mesure d’honorer.
    Les verbes en “re-”, je les fuis. Je les déteste souvent. Re-venir. Re-partir. Re-tourner. Re-passer par les mêmes chemins…
    Tu pensais que je te comprenais. J’espère que tu te souviens que je t’ai dit être égoïste. Souviens-toi. C’est ce mot-là qui va te permettre de bien me comprendre, à ton tour.
    Je ne t’ai jamais eu entier. Tu ne m’auras pas entière. Nous ne sommes pas d’accord sur le sens de ce mot, sans doute. “Être la première, après …”
    Je la déteste cette place. Tu le sais.
    Je te comprends comme je suis capable de comprendre trop de monde. C’est ma faculté, de creuser et de fouiller. De chercher et de trouver. D’éclairer et de de deviner. D’abandonner les recherches, aussi.
    Je ne te reviendrai pas entière. Si je reviens à toi, ce sera en morceaux. Et pour combien de temps ?

    Je n’aime pas le moment où je sais que je vais devoir oublier quelqu’un. Ce moment où je vais devoir me concentrer sur mes ressources propres afin de réduire à néant le peu, ou le beaucoup de sentiments que j’avais laissés germer.
    J’ai déjà eu à t’oublier une fois. La saison des semailles est passée pour nous. Aujourd’hui, c’est l’été. Nous ne nous abandonnerons pas deux fois.

    Tu m’as dit “non”. Tu as eu raison. Ce n’était que la brillance sur nos peaux qui m’attirait, les moiteurs, les sueurs, les reliefs accidentés. Et tes mains. ça doit être mon côté pie. Pie. Pilleuse. P(a)illarde éparPillée.

    “… Et toi ? ”

    Et moi… J’ai très envie de me retrouver.

    PS. Et si ma réponse se trouve là, c’est un peu pour le plaisir de faire briller les étoiles discrètes que nous avions au coin des yeux ce soir-là. Invisibles de tous sauf de nous-mêmes. C’est beaucoup pour l’aura de nos mots et de nos envies que je n’oublie pas et que j’aime voir ainsi impudemment offerte. C’est totalement par égoïsme.