• 01Sep

    Y’avait une boule de poils blancs et y’avait du sang.
    Sur la route, au milieu du village, tout près du trottoir.

    C’est pas une boule de poils que j’ai vue, c’est maman et puis moi.
    C’est pas un chat que j’ai deviné, c’est un enfant qui pleurait.
    Ce sont pas ses pleurs que j’ai entendus, ce sont les miens qui me sont revenus.

    La voix de maman quand elle pleure en même temps, je m’en souviens très bien.
    C’est fort et ça brûle. Et quand elle essaye de parler alors, ça te râcle les oreilles.
    C’est le bruit d’un truc qui fait mal et qui vient d’arriver. C’est la voix de maman Cassandre.
    Tragiquement pendu entre un dièse qui se traîne et un bémol qui coupe, son ôôôôhhh !!!!! s’étale et s’accroche, ça te griffe quand ça arrive dans ta tête.
    Elle avait pas les mots pour me dire, alors elle me l’a montré. Elle le tenait dans ses bras. Et moi j’ai regardé et j’avais pas les mots pour le dire, alors j’ai pleuré.

    C’était une boule de poils noirs et y’avait du sang.
    Sur la route, au milieu du village, tout près du trottoir.
    C’est là qu’elle l’a retrouvé.

  • 01Sep

    charcute again.

    Au début, elle m’avait dit “y’en a pour 6 mois… jusqu’au début de l’été”.
    Je m’aperçois qu’elle m’a bien ménagée, la sournoise.
    Certes, c’est moins traumatisant, les petites séances pas trop sanglantes.
    Mais je crois bien que j’en ai encore pour deux mois, au rythme où ça va.
    Donc, je crois que j’aurai battu un record.
    Un an de dentisteries.
    UN AN BORDEL !
    Et la petite maligne, elle a gardé le meilleur pour la fin.

    “Faut souffrir pour être belle ! ” m’a-t’elle glissé entre deux coups de fraise sous les gencives, alors que je couinais un air discordant au possible au rythme des crissements nerveux, les jambes en convulsion. Je mmmhmmmhais des notes tordues pour essayer de détourner mon attention, mais c’est vachement difficile. Mais si en plus elle essaye de me faire pouffer de rire, je vais pas y arriver moi hein… à ne pas finir par lui bouffer un doigt.

  • 01Sep

    Y’ a un truc qui va pas.
    Quand j’avais 17 ans, ma belle-mère d’alors m’aimait bien. Elle me trouvait “mature”. Ouah. Comment ça t’en jette plein la tronche des fleurs quand on te dit ça alors que toi, le truc que tu jettes le mieux, c’est des bouts de salade sur tes voisins de TP de bio. Elle trouvait que j’apportais calme et sérenité à son fiston qui en avait 20 (des ans, pas des TP de bio) , elle respectait mon sens des responsabilités, mes réflexions posées, et tout ce genre de trucs qui font vachement adulte et que j’avais acquis assez précocément.
    Bon, la respectueuse trève a duré 5 ans et après on a failli se taper sur la gueule, mais ça, c’est une autre histoire.

    Comment ça se fait qu’aujourd’hui, à 28 ans, j’arrive moins bien à convaincre mon entourage de mon haut potentiel de calme et de responsabilité mature ? Pourquoi y’en a qui me trouvent dingue ? Et surtout comment font-ils pour me trouver dingue, ou trop je sais pas quoi, ou un peu timbrée ou un truc comme ça, alors que moi, quand je me regarde dans la glace, je me trouve d’un calme à faire trembler une mer d’huile. D’une maîtrise impressionnante. Je me vois froide et imperturbable. Exaltée de l’intérieur. Capable d’un recul que même si je suis près de toi, j’y suis pas vraiment.

    Et je comprends pas pourquoi les gens ne voient pas la même chose que moi. Et je comprends pas vraiment non plus pourquoi les gens ne voient pas tous la même chose. Je comprends pas comment certains me voient déjantée et d’autres complètement introvertie et froide.

    Est-ce que certains portent une oeillère à gauche ? Est-ce que d’autres portent une oeillère à droite ? Est-ce que tout le monde a bien mis ses lunettes de soleil et sa visière ? Est-ce que tout le monde a bien pris sa lampe de poche ?

    Oui, je sais bien. Simple remplissage de post par des questions stupides et inutiles vu que je connais déjà la réponse. Non seulement les regards sont tous différents, influencés par telle ou telle expérience, mais surtout, c’est moi qui ne suis jamais vraiment pareille. Toujours la même, mais jamais pareille.

    Y’a pas de quoi vous rassurer, c’est vrai. Y’a pas de quoi clamer stabilité et calme. Et pourtant… Malgré tout, je me vois constante… Mais je me vois beaucoup moins posée qu’à 17 ans.

    “Tu vois mon lapin, quand tu sors le gâteau du four alors qu’il n’a pas fini de cuire, ce n’est pas grave en soi. Mais faut savoir pas être trop pressé de le goûter le gâteau, faut patienter un peu. Parce que de toute façon, ton gâteau, tant qu’il est pas bien bien cuit comme il faut, il va être dégueulasse au pire, et pas génial au mieux. Résultat, pour qu’il soit meilleur et qu’il rende vraiment tout ce qu’il a dans les pommes, tu vas le remettre au four pour qu’il finisse sa cuisson. Et puis après il sera super bon.
    He ben tu vois, maman elle est pareille, elle a pas fini sa crise d’ado, elle est sortie du four trop tôt et résultat, elle y retourne.”