Ignorance

Ignorance.
Etat de celui qui ne connaît pas.
Ignorance volontaire.
Etat de celui qui ne veut pas connaître.
Ignorance à n’importe quel prix.
Etat de celui qui désire, plus que tout, ne surtout rien savoir de plus.

Quelles sont les solutions à disposition ?
Quelle bulle est assez solide pour me protéger ?
Dans quel recoin me planquer pour fuir tout ce que je désire, plus que tout, ne surtout pas savoir ?

A quel point tu es heureux.
A quel point je ne te manque pas.
A quel point le monde continue de bien rouler sans moi.

Le monde qui tourne et qui s’écroule.
La vie qui s’effondre et se relève.
Jusqu’à quand.
Les pires et les meilleurs qui s’entremêlent depuis la nuit des temps.
L’immuabilité de l’Ordre des Choses.

Tout ceci est tellement simple. Tellement évident.

Faut que j’me cache.
A tout prix.
Que j’me planque, que j’me protège…
Pas voir, pas savoir, pas connaître…
J’veux plus subir tout ça, j’veux pas.

L’âge du capitaine

Addition
Deux minutes de flip totale en apercevant l’heure sur l’écran des trois réveils. Ils étaient formels. Tous les calculs coïncidaient. Malgré leur quinze , vingt et cinq minutes d’avance respectives.
Une heure de retard sur le programme.
Quarante-cinq « merde !!!!!!!! » qui ont retenti dans la maison, au grand dam de ma coloc qui a eu la gentillesse, et l’habitude, de s’en contre-balancer totalement.
Deux coups de fils aux boss pour les informer que je suis désolée, que j’ai loupé mon train. En évitant quand même la mention du réveil qui n’a pas sonné… Le témoin lumineux de mon réservoir à crédibilité clignote déjà suffisamment rouge.
Quarante minutes pour rejoindre Etampes et essayer de chopper un RER.
Vitesse honteuse sur la nationale.
Dix minutes à essayer de me repérer dans cette ville, trouver la gare, et une place.
Sept euros vingt pour un ticket de RER dans lequel je ne monterai pas.

Quelques secondes pour finaliser les calculs en ayant maintenant en tête toutes les données nécessaires. Aucun RER pour Paris avant vingt minutes. Cinquante-huit minutes pour rejoindre Austerlitz. Treize stations de métro. Un changement.
Un dernier coup de fil à boss pour l’informer que dans le meilleur des cas, j’arriverai à 11h15 au rendez-vous.
Trois minutes de conversation désolée désolante pour arriver à une évidence. De toute façon, je n’aurais jamais pu arriver à temps.

« – 11h15 ? Mais c’est l’heure à laquelle finira la réunion ça en fait, non ?
– Oui. »

[ – Tu sais ce qu’il te reste à faire ?
– Oui. ]

Sous-total
Deux coups de pied dans les escaliers qui me sortent de la gare.
Un coup de tête contre le volant.
Des « putain », des « chier », des « pov’ looseuse », des « comme j’m’en veux » et le tout agrémenté de centaines de points d’exclamation.
Dix minutes pour me calmer.
Deux bras qui se relâchent enfin et tombent de renoncement.
Cinquante minutes pour rejoindre Orléans.

Résultat
Acheter un quatrième réveil.
Un qui ne me lachera pas.
Un qui tiendra le coup.
Un qui ne renoncera pas aussi facilement.
Un qui saura comment me feinter, comment me faire lever.
Un qui saura me donner des ordres auxquels j’accepterai de répondre en courbant l’échine avec plaisir.
Un qui me respectera.
Un que je respecterai.

Des heures et des heures et des rêves et des images qui tournent dans ma tête et qui, seules, savent m’apaiser.

Mais acheter un quatrième réveil quand même, hein.

De la vie, dans chaque occasion.

J’essayais de faire un inventaire des différentes paroles que j’ai retenues. Des paroles qu’on m’a dites pour illustrer l’image du coeur qui ne bat plus.
Ou qui n’a jamais battu.
Et quand je le dresse, cet inventaire, au final, j’ai pas retenu grand chose.
« Je m’ennuie avec toi ». ça, c’était la perle. J’espère qu’il saurait trouver une autre illustration aujourd’hui, avec un peu de recul. Qu’il saurait avouer qu’il s’était planté. Qu’il n’était pas prêt. Qu’il s’était menti. Qu’il m’avait trahie. Qu’il saurait … Oh et puis merde, je m’en fous.
Y’a jamais rien eu de bien original.
Et moi, je n’ai jamais fait mieux.
Rien qui vaille la peine d’être remémoré.
Pas de quoi faire couler l’encre.
A croire que les larmes valent moins cher que ce liquide qu’on fout dans le cul des stylos.

Par contre, quand je vois toute l’energie qu’on épuise à draguer, à tenter de mettre dans son lit, à se faire croire qu’on restera ensemble pour la vie, je me dis que la prochaine fois, je ferai un effort.
En mémoire de.
Parce que quand même.
Merde.
Pourquoi ça devrait être moche de dire que je ne t’aime plus.

Un jour. Des sourires.

Sourire dépité.
Un homme qui secoue la poignée de la porte des wc sans remarquer qu’elle est vraisemblablement fermée pour une excellente raison. He oui, mon bon monsieur, quand y’a une petite plaque rouge au dessus du verrou et que tirer, pousser, faire vibrer, gratter, retirer, repousser, cogner la porte ne semble pas l’ouvrir, c’est que je suis derrière.

Sourire quotidien.
Lire, chaque jour que dieu fait, « Usage professionnel » en gros et en rouge sur la bombe désodorisante de ces mêmes wc.

Sourire déterminé.
Note pour plus tard : Commencer une rubrique « les wc sur mon lieu de travail », depuis le temps que j’en parle.

Sourire intérieur.
Réunion de travail en petit comité autour d’une table. Gribouiller quelques notes sur le bloc, avoir l’air pensif. Et concentré. Je regarde super boss parler, je l’écoute conscientieusement, et mes pensées sont bien concentrées.
Je la vois bien, la salle de bain. Je la vois bien, la chambre. Je le vois bien, le parcours de la salle de bain à la chambre, les canapés, les escaliers… Les doigts qui courent, les muscles qui se tendent, les sursauts, les attentes…

Sourire désespéré.
Arrêter de penser cul quand super boss est en train de m’expliquer ce qu’est la motivation professionnelle.

Edit : Oh ! J’en ai oublié un. Un génial en plus.
Echanger un bonjour avec la stagiaire de la radio et l’entendre me demander si c’est moi qui viens représenter la Communauté des Bonnes Soeurs de Machaint-Bidule-Chose.
Encore une preuve de plus : Je suis la Pureté faite chair.

buzz

Confrontation.
Tête à tête avec ton grand front.
Je fais pas le poids
Même sur mes talons
Perchée haut sur ma fierté
Penchée haut sur ta beauté

Fatiguée… trop
Pour accepter.
Pour lutter.

Pas le coeur pour me battre
Pas le front pour oser
Pas les mots pour parler.

Pas envie.
Renoncer.

Tout rayer
Déjà dans ma mémoire.
Et cliquer.
Pour valider.
Publier.

Pour faire semblant d’être encore là.

Fin de l’été, début du sera

Ciel d’été qui s’enfuit
Laisse place aux roses ténébreux, aux gris lumineux.
Petit nuage chemine lentement au dessus de mon toit.
S’arrête, hésite… fond lentement.
Nouvelle saison, nouveau temps.
Quelques gouttes viennent frapper à ma tête,
Douce sérénité de la fin d’un passé.
Et je me berce lentement dans mes bras égoïstes.
Sagesse des inconscients volontaires
Qui trépignent calmement en guettant la tempête.

Oh, mais je me trouve de mauvais ton à parler de météo en ces temps-ci…
Métaphore bien mal choisie.

Mais pardon… c’est l’automne qui me donne trop envie,
Il est l’heure pour moi de me réfugier dans Vivaldi…
Je laisse un peu place à l’orage,
A mon chaos, mes tempêtes de verre d’eau,
Mes poussières de souvenirs qui s’affolent
Et le vent qui souffle tout ce qu’il peut…
Que tout s’envole enfin !

Je voudrais être folle en ces instants,
Je voudrais qu’on m’offre cette excuse
De ne rien avoir à perdre,
De ne plus avoir ma raison.

Au bord de la falaise
A me jouer des intempéries
A souffler sur le vent qui me pousse
A avaler la pluie.

Et que les fous se retrouvent enfin.

coutures

Ne pas en découdre
De ce fil
Tendu, qui tire, qui tire, qui m’attire.

Casse et blesse dans son ressort de petite mort.
Faire attention aux ourlets
L’aiguille, ne pas se piquer, guette revers et travers.

Point après point.
Que je les aime ces [points] !
Et je rêve de me faire croix.

Tissus et moindres coutures
Passés en revue, en peigne, si fin
Détails intimes plus qu’infimes.

Les yeux bandés, s’il te plaît…

Et si tous les gens de la terre se tenaient la main et blablabla…

« […] parce qu’il a démontré la viabilité de sa “carte compatible” en se faisant remettre des médicaments dans une pharmacie, Jérome Crétaux se retrouve aujourd’hui poursuivi par le GIE pour fabrication de fausse carte et escroquerie en bande organisée… « 

Extrait de l’article Y’aura-t’il un scandale Sesam Vitale ? , lu sur Internet Actu.

Je ne m’étendrai pas sur les failles de sécurité affligeantes de cette chère carte Vitale, parfaitement bien expliquées par ailleurs.

Ce que je me demande par contre, et ce avec la plus grande des naïvetés et je vous prie par avance de m’en excuser mais là je suis en train de manger mon sandwich, je peux pas écrire un truc bien profond en même temps hein, faut me comprendre….
Bref, ce que je me demande donc, en repensant à cette autre affaire qui me revient (souvent) à l’esprit, (Bien le bonjour Guill !), c’est tout connement si y’aurait pas moyen que des associations de défense des consommateurs puissent empêcher que des personnes qui cherchent à défendre notre droit à l’information en toute bonne foi soient emmerdées par ceux qui n’ont pas du tout envie que tout le monde soit au courant de leurs petits (ou gros) (voire très gros) trucs qui vont pas super droit.
Bon, je sais bien que dans l’Affaire Guillermito, l’attaque (officielle et juridique) de Tegam s’est basée sur d’autres points.
Mais, pour Jérôme Crétaux…
Imaginons par exemple que cet informaticien ait pu faire la démonstration des failles de la Carte Vitale dans un cadre 100 % légal…
Il se pointe un jour dans les locaux de l’association X ou Y, et leur dit tout simplement que « Voilà, y’a un truc qui va pas avec la Carte Vitale… j’aimerais pouvoir prouver les failles de ce système et informer les assurés sociaux du risque de non respect de la confidentialité de leurs données personnelles. »
Et là, on lui dit : « Pas de problème, monsieur, nous mettons à votre service des moyens juridiques, un cadre légal qui pourra vous assurer de ne pas vous en prendre plein la gueule au cas où vos hypothèses une fois justifiées seraient révélées et diffusées. En échange, vous vous engagez à prouver votre bonne foi et blablabla… »
Et là, pouf, il n’est non plus un pirate potentiel accusé de tous les maux de la terre et tout ça, mais acquiert un statut officiel de défenseur des droits à la consommation. Avec des moyens légaux mis à sa disposition, dans la limite des stocks disponibles. Genre un huissier qui l’accompagne à la pharmacie ou je sais pas quoi…
Bon, j’y connais rien dans tout ça hein… Mais faut bien que je m’occupe et que j’essaye de changer le monde. Ha. Ha. Ha.

Enfin bon bref. Si on a plus le droit de rêver en mangeant son sandwich hein… D’ailleurs, elle m’a mis du curry dans mon panini jambon fromage la vendeuse. Et j’aime pas son curry, il est pas bon. Scandaaaaaaale !!

Mots de nuit

Je m’endormais.
ça discutait en italien dans ma tête. J’ai jamais appris l’italien. Je sais même pas si c’était de l’italien. Je comprenais rien. Mais le fil des mots m’amusait terriblement.
Le fil des mots… Il ne me lâche jamais la pelotte.
Un autre soir, c’était en allemand. Toujours aucun sens. Mais ça se déroulait et je laissais les aiguilles tricoter.
Je ne sais pas ce que je me racontais, ça n’avait strictement aucune importance.

Hier matin, une lettre s’est rédigée dans ma tête. Juste avant que le réveil sonne pour la 6ème fois et que je sorte définitivement de mon état de sommeil.
C’est d’une autre main que la mienne qu’elle était rédigée. Un ami pour sa copine.
Pour une fois que je comprenais les mots qui se balladaient sous mes paupières, j’ai bondi sur un papier et un crayon avant que tout s’efface.

« Images d’errance qui courent dans la tête et pourtant, rien ne m’empêche de laisser voler ton esprit…
Et plus je veille en la regardant et plus je me dis qu’ELLE. »

Ma volonté profonde est le plus doux des mystères.
Grave comme je m’aime en fait quand je dors.