• 13Oct

    Mardi soir.
    Concert exceptionnel, une fois de plus, de Dionysos, qui, décidément, reste le meilleur groupe de scène que je connaisse. Ce n’est plus un concert, c’est une offrande. C’est un don de soi au plaisir du public. C’est un temps que chacun souhaiterait interminable. C’est un Matthias qui se baigne dans la foule à ses pieds, qui la traverse, à bouts de bras, dressé et victorieux, abandonné et lascif. Un cadeau.
    Je les aime, vous l’aurez compris.
    Et j’ai aimé ce concert, bien que j’y sois venue seule. J’ai appris hier qu’un ami orléanais était lui aussi dans cette salle. Mais je ne regrette pas d’avoir affronté la foule seule. Pas besoin de se soucier de qui que ce soit, de regarder à gauche, à droite, devant, derrière dès que la personne accompagnée disparaît de son champ de vision. Pas besoin de se soucier de qui que ce soit d’autre que sa propre personne. En profiter. Un maximum.
    A environ trois ou quatre rangs de la scène, près de la fosse des malades qui prennent un plaisir dingue à se foncer dedans. La fosse, quoi. La fosse de ceux qui ont l’air de ne savoir apprécier l’effort sportif et la sueur que dans le plaisir de dégouliner sur les autres et de foutre des coups.
    Vous l’aurez compris, la fosse, ça m’emmerde.
    Et j’ai dépassé le stade du scepticisme.
    Hahem.
    Bref.
    L’emmerdeuse tranquille. C’est moi. Celle qui veut profiter du spectacle et qui se colle devant la scène. Celle qui veut écouter et danser et bouger tout en écoutant la musique, ouvrant grand ses yeux et se laissant vibrer au rythme offert.
    Celle qui ne se laissera pas écrabouiller par les connards qui sautent partout. Juste en bord de fosse en fait, elle est là ma place. Marquant la limite. Ceux qui sautent trop près de mes pieds sont gentiment re-expédiés en direction de la masse compacte des déjantés suants. Je suis là pour aimer et profiter, pas pour me faire emmerder. N’en déplaise à mes amis amateurs de pogo. Quand on m’offre de la musique de qualité, j’ai simplement envie de lui rendre hommage en la savourant, des cheveux aux orteils. Et attendre frénétiquement le signal de départ pour aller se balancer contre les autres spectateurs est décidément une attitude que je ne veux pas comprendre.

    Un concert exceptionnel qui prend fin à minuit et demi donc. Rallongé par les retours de Matthias sur scène. Le public l’aime. Il nous le rend merveilleusement bien.

    Minuit et demi. Fin du concert. Début des emmerdes.