C’est la batterie ? Vous êtes sûr ?

Tiens, c’est bizarre, la voiture, elle démarre pas.

Je sais pas pourquoi, j’l’avais sentie venir celle-là. J’m’étais dis, tiens, demain, grosse journée super importante au taf, faudrait pas qu’il m’arrive une merde.
Ben la voilà.

Minuit et demi. Un mardi soir. A trente kilomètres de chez moi. Non, je vais pas aller réveiller les gens à cette heure-là quand même.

Un groupe de jeunes passent dans la ruelle mal éclairée, pressés eux aussi de rentrer chez eux après le concert.

C’est là, précisément, là, dès ce moment précis, que j’enchaîne mes conneries.

Pour la simple et bonne raison que je suis intimement persuadée, grâce à mon sixième sens féminin ultra développé, que le problème ne vient pas de la batterie. Non. Forcément. ça vient sûrement d’un court-circuit quelque part. A force de bidouiller l’auto-radio avec papa. Sinon, les voyants du tableau de bord, ils s’éclaireraient pas. Et puis en plus, je n’avais rien laissé d’allumé en verrouillant la voiture quatre heures plus tôt. Non, non, ça peut pas être la batterie.

J’ai des câbles dans mon coffre. Fille d’un papa pragmatique et prévoyant, j’ai eu deux cadeaux des plus utiles au Noël de l’an dernier : des chaînes à neige et des câbles de batterie. Mon papa est un être merveilleux.

La fille est juste un peu plus conne, c’est tout.
Et puis forcément, je suis tombée sur des jeunes cons, eux aussi. De toute façon, ils ne savent même pas comment ça se branche déjà des câbles de batterie. Et puis non, je suis sûre que c’est pas la batterie.

Bande de petits branleurs. Oué, c’est ça, cassez-vous, rentrez chez votre maman et laissez moi creveeeeeeeeeer.

« Bon ben merci quand même, aurevoir ! »

Voyons. Minuit et demi. Lever sept heures trente demain matin. Solution : hôtel. En plus, j’ai un sac avec des fringues propres dans le coffre. Oui. Parce que je devais aller dormir chez une amie en fait. Mais elle a oublié d’allumer son téléphone pendant quatre ou cinq jours. Et elle a complètement zappé le jour où je devais venir chez elle. Forcément.

Mais bon, bref. Fringues propres, hôtel pas trop loin du taf. Allez hop, à papattes.

Le lendemain soir, après la lourde journée de taf, une heure de présentation orale où je me suis fait pipi dessus tellement je savais plus comment me sortir des digressions dans lesquelles je me noyais sans qu’aucune des 30 paires d’yeux dans la salle ne me soit d’un quelconque secours, j’appelle une dépanneuse. (Pour la voiture, pas pour ma présentation orale, malheureusement).

Et le dépanneur, je lui dis tous les tits trucs qui clochent et tout ça, que c’est sans doute un problème électrique ou électronique ou je sais pas quoi (oué oué, surtout je sais pas quoi en fait), et alors lui, il ouvre le capot, et il me demande si je comptais encore la faire fonctionner pendant 160 000 autres kilomètres ma batterie.
Ben euh.
Ah.
C’est la batterie ?
C’est la batterie.

Avec ses câbles de compet et mes 56 euros, il fait redémarrer ma voiture.
Bordel. C’était vraiment la batterie.
Et il me dit d’aller en acheter une neuve maintenant tout de suite parce que si je cale, là, je redémarre même pas.
Alors, puisque c’était la batterie (merde, c’était bien la batterie), et que le monsieur il est sympa, je file chez le garagiste grande surface pas trop cher du coin et je dis bonjour monsieur c’est pour une batterie toute neuve en urgence s’il vous plaît.
En échange de mes 89 euros, le monsieur il veut bien m’offrir une belle batterie toute neuve, puisque c’était bien la batterie.

Et alors là, tu vois, j’appelle un pote sur Orléans, comme ça, histoire de rire et puis il me dit que vraiment t’es trop conne ma pauvre Blandine, minuit ou pas, t’avais qu’à m’appeler plutôt que de payer 54 euros d’hôtel, c’est fait pour ça les amis et que bordel, mais si tu m’avais dit que c’était la batterie, je t’aurais filé celle qu’est toute neuve et qui traîne dans mon coffre et dont je sais pas quoi faire.

Enfin voilà quoi. C’était bien la batterie, bordel. Et ça aurait pu me coûter plein de merci, un gros bisou et une bouffe à la maison plutôt que 200 euros.
Mais bon…

Quand j’étais petit, j’étais un jedi
Tellement nerveux que lorsqu’il pleuvait
souvent je m’électrocutais…

3 réflexions sur “C’est la batterie ? Vous êtes sûr ?

  1. Path dit :

    Winds of change on the « saxo mobile » ?

  2. …héhéhé…les femmes et les autos… outch pas tapper!!

  3. Emptiness dit :

    Remarque, tu peux toujours lui dire merci rétrospectivement de te l’avoir proposé, quand même lui faire un gros bisou et malgré tout faire une bouffe à la maison. Non?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *