• 28Dec

    Je joue au jeu des 7 chaussettes pendant dix minutes.
    C’est comme les 7 familles, sauf que c’est avec des chaussettes.
    Et c’est pas vraiment un jeu à la base, c’ets plutôt un truc super chiant mais comme on dit, mieux vaut s’en amuser, hein.
    Une chaussette toute seule. Tiens, on dirait du 32. Ce serait pas à moi ça ?
    Oh, une autre chaussette en 32. Elle serait pas à moi aussi celle-là ?
    Quelques chaussettes plus tard, je me rends compte qu’en fait non, elles sont pas à moi ces chaussettes-là.
    Elles sont bien à lui.
    Pourtant, il a des grands pieds, avec des orteils grands comme des tours Eiffel.
    Cette petite expérience m’inspire un petit aphorisme que je vous mets de côté, rien que pour vous.
    Ce sera votre cadeau de noyel.
    Internet est au monde ce que le lèche-linge est à ton pied. ça le rend tout petit.

  • 28Dec

    Suite du rêve de cette nuit.
    Plusieurs scènes en vrac.

    Une cité médiévale. Des ruelles poussièreuses, des demeures à un étage en surplomb, des colombages, des fenêtres à meneaux. Sur la place du village, avec en sentiment l’impression de déjà connaître ce lieu. Je sais que je me trouve plongée au milieu d’un lieu imaginaire, un décor fictif de jeu, devenu ma réalité. Tout le rêve se déroulera alors dans cette ambiance surréaliste, où le décor date de plusieurs siècles, mais où je sais que les personnages sont bien ceux du temps présent, même s’ils revêtent d’autres apparences.

    Une ruelle en montée, surplombée d’une construction sur plusieurs étages. Je vais pouvoir observer chacune des plaques, indiquant les noms des différents étages de ce bâtiment. A coté des plaques, une fenêtre.
    (Je ne me souviens plus exactement des incriptions des plaques.)
    Premier étage : “Juste avant de sauter” ( ?). Des gens courent vers la fenêtre, ils courent donc dans ma direction. Ils prennent leur élan. Je vois deux de ces personnes courir, sauter… vers où ? Je ne les vois pas, je sais simplement qu’ils vont mourir. Et ils sont tous les deux adolescents.
    Deuxième étage : “Dix années après ” (toujours “?”). Des cadavres dans la terre. Des squelettes qui bougent, je crois. Une scène à la Villon ?
    Troisième étage : “Dix années avant” (ou quelque chose du même genre). Une photo de famille, des gens heureux et souriants, une photo figée et jaunie, des tons sépia. Famille nombreuse, j’ai le souvenir d’avoir vu au moins une douzaine de visages sur le cliché.

    L’immeuble de la Mort.
    Et derrière cet immeuble, si je passe sous ce pont, dans cette ruelle, je passe dans le monde de l’au-delà.
    Eh bien, cela tombe à pic. J’ai une réunion de travail qui m’attend là-bas.
    Dans mon rêve, je travaille chez les morts.
    Je ne me souviens plus bien de mon travail. Je sais que je dois assister à une réunion, en tant que membre d’un jury je crois. C’est une assemblée de juges devant laquelle mon avis n’est que consultatif en fait. Je me souviens d’une discordance de points de vue, entre mon “supérieur” et moi. Je sais que je ne suis pas d’accord, mais je ne sais plus à propos de quoi. Je me sens impuissante et frustrée. Je sais que mon avis n’a aucune importance. Je dois faire comme il l’a été décidé par les membres réguliers de cette assemblée. Je sais que les sorts de personnes sont entre mes mains. Mais je vais devoir agir contre ma propre volonté.
    Mon supérieur a un signe particulier physique en commun avec mon père. Il lui manque une incisive, dans les dents du bas. Je reconnais le petit sossotement lorsqu’il me parle. Signe de vieillissement, la première dent déchaussée.

    Et puis après je sais plus.

  • 28Dec

    Rêve totalement chaotique. Des bouts de réalité tout mélangés.

    Autour d’une grande table en bois rectangulaire. Moi d’un côté. De l’autre, lui. Et elle.
    Ses doutes à lui, ses questions passives. Passives parce que centrées sur lui. Sans regarder autour de lui. Excentré à force d’être concentré.
    Ses minauderies à elle, son regard provocant à mon égard. Ses caresses sur lui, sa joue contre la sienne, sa main, active.
    Mon envie, à moi, de jeter le contenu d’une bouteille de vin sur sa face, à elle. La rage, stérile et fuyante. Je me lève, longe la table vers la gauche. Je regarde maintenant la scène de loin. Loin. De toute une grande table de bois. En diagonale.

    Je me suis vue pourtant, contourner cette table, par la droite, pour venir verser la bouteille sur ses cheveux, à elle. Me venger. Puérilement. Je me suis imaginée, dans ce rêve.
    Et c’est le scénario de la fuite que j’ai suivi.
    Ma question est “pourquoi ?”.
    Depuis mes six ou sept ans, je connais la rage de sentir le liquide glacé se répandre du sommet du crâne jusqu’au fond de la robe, le long du dos, du ventre. La surprise, mêlée d’impuissance, ce désarroi de l’ “aqua bon” (hum.) lorsque l’on sait que l’adversaire saura, de toute manière, toujours être plus fort, dès qu’il s’agit de réagir par la violence et les actes, plutôt que par les paroles. Mon adversaire d’alors n’était pourtant haut que comme trois pommes. Mais je ne dépassais moi-même pas les deux. Et il avait, pour lui, un appendice entre les jambes. Et quand un être humain se retrouve avec ce truc en couronne au-dessus de ses deux gonades, il faut se dire qu’il ne connaîtra jamais aucune limite dans la violence et dans la montée vers les derniers retranchements de la force des corps. Un jeu ne trouve pas sa fin, jamais, tant que cet être n’aura pas prouvé au monde entier, ou aux autres nains de l’assemblée, que c’est lui qui a bien la plus grosse couronne sous le nombril.
    Plus tard, les combats face à mon frère, tous marqués dans mon souvenir par l’amertume de mes échecs, m’ont confortée dans mon opinion sur la race des couronnés. La dernière montée en chute libre fut celle qui s’est conclue par une fourchette plantée dans les doigts de ma soeur, et mon envie, jamais consommée, jamais complètement étouffée, de faire subir le même sort à l’auteur de cette démonstration inutile de puissance (même adjectif).

    Jeter cette bouteille à la face de cette fille, aussi jouissif sur l’instant que je puisse l’imaginer, devait ainsi rester un fantasme. Ce ne sont pas mes vraies armes. Ce ne sont pas des combats de cette sorte que je désire mener. Ceux-ci sont réservés à ceux qui ont une fierté dégoulinante à afficher, en trophée, au fond de la poche de leur jean trop serré.

    Ai-je réellement fui ? Ai-je vraiment ressenti l’échec cuisant de l’impuissance ? Alors que nous étions, au fond, toutes les deux à égalité, l’une face à l’autre… Toujours cette peur d’être la plus faible, la plus effrayable, la plus fragile… Il ne faudrait pas non plus que je prenne la facheuse habitude de me conforter dans le rôle de celle qui refuse les combats, par peur de ne jamais sortir victorieuse.

    Cesse donc là les questions. De toute façon, il y avait un homme absent dans l’histoire. Et si combat il y aurait du avoir, cela n’aurait pu être possible qu’à trois effectivement présents, en corps, en âme, en pouvoir de choix.