• 06Jan

    Je gribouille un soleil métallisé sur mon bureau
    au crayon à papier
    pendant qu’un sale corbeau français me regarde de haut
    perché sur une antenne télé.

    Aujourd’hui, malgré moi, c’est le temps du bilan
    Les trucs qui s’imposent
    les grandes décisions et ma stupéfaction
    de constater que rien,
    non, rien de rien,
    je n’avance de rien.

    A force de prendre peur devant tous les petits trucs,
    j’en fabrique un gros, un énorme, de truc
    Un énorme corbeau
    et il me regarde de haut ce con
    et je ne fais rien.
    Parce que ça représente trop.
    Parce que c’est beaucoup.
    Parce que bordel, mais bordel, mais comment je vais faire.

    Sordide reflet, quand je me regarde sous cet angle.

    Répondre aux voeux. Et il y en a auxquels je tiens.
    Beaucoup, même.
    Mais trop.
    Et pas assez, finalement.
    Arrêter de couper les ponts.

    Se résigner à dire aurevoir, d’un pas léger.
    J’ai encore plein d’autres choses à voir,
    plein d’autres gens à rencontrer,
    plein d’autres vies à découvrir,
    plein d’autres personnes à quitter.
    Me laisser oublier.
    Des sourires, des faux, des vrais, à les laisser partir.
    Des amis à me laisser aimer.
    Et le corbeau qui vient de s’envoler.