• 28Mar

    Les infirmières m’ont offert une poule.
    Une belle poule, avec cinq doigts.
    C’est une poule, parce qu’elle a une jolie crête.
    ça peut être que ça.
    C’est même une poule magique parce qu’elle est en plastique.

    Aujourd’hui, je vais sortir de l’hôpital.
    Il faut fêter ça !
    Combien de temps cela fait-il que je suis ici ?
    Je n’en sais plus rien. Quelques semaines ? Quelques mois ?
    Je suis entrée là parce qu’on est allées se promener, maman, cousine, tatan, et moi.
    On est allées voir la voisine. La voisine, avec son gros chien.
    J’ai voulu faire un câlin. Les câlins, dans les pattes des gros chiens, ça vaut tous les bisous de la terre.

    Et puis après, y’a eu maman qui courait.
    Et puis moi, dans ses bras.
    Y’a eu la voiture, la Diane.
    Je savais pas trop où on roulait.
    Mais maman voulait qu’on y arrive très vite.

    Et puis un jour, je me suis réveillée, et on avait éteint la lumière.
    J’y voyais plus rien.
    Le docteur, et puis maman, ils m’ont dit que c’était pas la lumière qui était éteinte.
    Qu’il faisait même très beau dehors. Un beau mois de juillet.
    En fait, c’est parce qu’on m’a mis plein de bandeaux tout autour de la tête.
    Quelle drôle d’idée. Je veux bien les croire. Seulement une fois que j’aurai vérifié par moi-même.
    Y’a pas d’âge pour se prendre pour Saint Thomas.

    Je suis montée sur le lit, y’a un immense miroir.
    Je me dresse sur la pointe des pieds et je contemple les belles bandes blanches qui me couronnent.
    Et qu’évidemment, j’avais déjà pris soin d’écarter.
    ça vous apprendra à m’interdire d’y toucher.

    Je suis une petite princesse, au pays des poules en caoutchouc à cinq doigts
    Et des infirmières qui sont pas comme la lumière.
    Elles, elles s’éteignent pas.

  • 28Mar

    J’te fais confiance pour faire bouillir le café
    J’te fais confiance pour mater la télé
    J’te fais confiance pour pas t’faire à bouffer
    Et aussi pour me mettre une beignée

    Mais pourquoi j’arrive pas à t’faire confiance pour m’aimer
    Dis moi
    Pourquoi m’aimer, j’ai l’impression qu’tu sais pas ?

    J’te fais confiance pour gueuler et t’ barrer
    J’te fais confiance pour m’empoisonner
    J’te fais même confiance pour oublier le bébé
    Et mettre ses couches dans la machine à laver

    Mais pourquoi j’arrive pas à t’faire confiance pour m’aimer
    Dis moi
    Pourquoi m’aimer, j’ai l’impression qu’tu sais pas ?

    Une tite chanson légère et subtile qui m’est apparue dans une illumination hier sous la douche. Un peu de travail et ça pourrait presque ressembler à quelque chose, non ? Manque aussi, il est vrai, je l’avoue, quand même un peu de musique. Et c’est bien dommage, pour une chanson.

    Hein ? Quoi ? Quel appel du pied ?