• 10Mar

    Et va savoir
    Va comprendre
    Pourquoi je déteste comme ça.
    Pourquoi j’ai les boyaux qui se resserrent.
    Pourquoi je hais.
    Et pourquoi il me fait réfléchir.
    Tout ça pour une histoire de points, bien placés, ou pas.
    Mes fins de phrases, le bout de mes mots, ce que j’ai appris, chez lui, de lui, en lui, par lui, sans presque jamais le toucher. Mais surtout du bout des doigts.
    Et ce que je suis, maintenant.
    Le lien entre les deux. Les quelques mois.
    Un an. Et des poussières d’étoiles. Et une couche de goudron dans les poumons.

    J’ai même pas grandi.
    Juste envie de demander pardon, pour le mal que je fais.
    Comme quand j’étais petite, la tête au fond de l’oreiller, les pieds recroquevillés, les mains jointes. Et serrées.
    Tout ça dans le noir, pour pas qu’on puisse nous voir. Pour qu’il puisse m’entendre.
    Pardon.
    Tu m’entends ?
    PARDON !
    Réponds moi…
    Pardon… Je te demande pardon, à toi, à tous, à elle, à lui…
    Et aujourd’hui, comme hier, je déteste toujours autant les nuits noires.
    Et les volets fermés.

    Je me rends compte que je le fais claquer, mon point, quand je le pose, là, à la fin des mots.
    Et puis le retour à la ligne, surtout.
    Est-ce le point qui ponctue ? Vraiment ?
    J’ai plutôt l’impression que c’est son bruit.

    J’ai besoin de demander pardon.
    Parce que je n’ai pas grandi.
    Parce que je retourne en arrière.
    Parce que je sais que quelque chose sonne faux dans mes choix.
    Que l’accord n’est pas là.

    De nous deux, je sais maintenant que c’est moi, qui finirai seule, avec mes chats.
    Parce que c’est toujours trop tôt, toujours trop tard.
    Je ne suis jamais à l’heure.
    Même pas quand j’ai rendez-vous avec ma vie.

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