27Jun
MUCRINE. n.f.
Petite chanson qui s’invite dans votre tête sans que vous l’ayez invitée. Qui s’y installe. Qui s’y promène. Qui vous sort par la bouche, les oreilles et les yeux et le nez.
Je te plumerai.
Un exemple pris sur le vif :
Gotan Project joue ce soir à Orléans. Là, ils sont en train de répéter. A quelques encablures de mes fenêtres grandes ouvertes (ou les deux) qui laissent passer l’air et le son, et j’en profite plutôt assez bien pas mal.
Alors expliquez-moi, s’il vous plaît, pourquoi j’ai “Tata Yoyo”, cette sale vieille mucrine, qui vient de chanter toute seule dans ma tête et de sortir par ma bouche sans que je lui ai rien demandé. Tiens, je crois même que je suis en train de la siffler.
Tata yoyo, sors de là ou je te noie.
27Jun
Mais qu’est-ce que tu crois ?
Y’en a qui s’envolent pour un peu plus que ça.
Y’en a qui dérapent pour beaucoup moins.
En parlant de déraper, te rends-tu compte ? Te rends-tu réellement compte de tout ce qui ne va pas, ici et là ?
L’acidité des mots que la bouche prononce, dans un parfum de miel et d’ambre, de fleurs et de vanille.
L’acidité des mots qui traversent ta tête, ton sang, ton ventre, pour venir s’aplatir au fond d’un évier.
Rien n’est digéré, tout est transformé.
Et le monde tourne, tourne, dans un bruyant voyage. Au bout de la rue.
Caché, au fond du sac de Mary Poppins.
Jamais là quand on a besoin d’elle.
Cette conne.
Rien, je crois rien.
Je croule, je crawle, je m’écroule et décrois.
Avancée au milieu d’une maison de poupée, plantée dans la vallée du temps perdu.
Je crois rien, j’ai juste peur.
Et c’est ça qui m’illumine.
C’est ça qui m’enferme dans la cage aveuglante.