Si avec ça, ça fait cissa.

Il est l’envie d’écrire que voilà l’heure de dormir.
L’heure de se lever quand l’envie de rêver.
Le temps de bailler que s’envole déjà le sommeil.
Manger. Conduire. Boire. Traîner.

Vous vous rendez compte comme la vie est sinistrée quand on la regarde de près ?
Et moi je me demande quel effet ça peut faire d’être amoureux de moi.
Non mais c’est vrai : Est-ce que quelqu’un sur cette terre est capable de ressentir ce que j’aimerais qu’il ressente en me regardant ?
ça existe pas.
S’aimer, y’a plus que soi à faire.

Ce que j’en dis, c’est que ce qui est rare est rare, et que ce qui est cher est cher. Et que tu m’ emmerdes avec tes paradoxes.
Le cuir si dur. J’espère que le prince charmant est livré avec un marteau.

Les révolutions

16h56. Y’a comme un pigeon dans mon téléphone.
17h51. Je me liquéfie lentement devant mon bureau.

Si j’devais devenir vieille là maintenant et me mettre à faire des collections, j’voudrais faire une collection de bouts de toi, tout vifs et tout frais, tout le temps. J’voudrais afficher dans mes paupières les photos de quand t’es heureux. Epingler tes sourires et les accrocher à mon oreille. Et puis en rajouter, tout le temps.
Il doit bien exister un moyen pour pas s’asphyxier, hein…
Il doit bien en exister un…

Le monde a tourné vite en deux semaines. Y’a eu au moins cinq révolutions qui se sont succédées. Toutes ont eu le temps d’installer leur nouveau gouvernement, de tuer le précédent et de se faire remplacer. Toutes ont eu le temps de mettre à éxécution leur plan quinquennal. Et toutes s’y sont acharnées.
Tout cela ne me dira pas pourtant de quoi sera fait demain.
Un indice cependant. « Grand vent d’instabilité. A vous de gérer. »

15 juin 2006.

Publication le 23 mai 2007. Titre d’origine conservé.

Je ressors les brouillons, les vieux papiers qui trainent. Faire du tri, vider, archiver, nettoyer, récurer. S’user l’éponge sur les incrustations minérales qui auréolent la mémoire. Jeter un bouton de rose poussiéreux. ça se passe pas au swiffer ces trucs-là. ça vieillit, ça crève, ça sèche. Les éléments se posent dessus, s’insèrent dedans, on lui sourit, on le sublime. Et un jour on le jette.
Faut juste arrêter de se considérer comme un entassement de passés. Juste se mettre en colère pour une bonne raison. Au moins une fois.
Contre la poussière, par exemple.

Des lumières pareilles…

Je vous emprunte quelques mots, Dame Tarquine, et je vous remercie de les avoir ainsi posés. J’ignore où ils vous méneront. Je sais en revanche que je les entends tourbillonner dans mes propres lampignons. Cherchant à me montrer quelque chose. Et éclairant les limites fragiles de mon imagination et de mes désirs. Au milieu coule une raison.

« Rire c’est la plus belle excuse d’être ensemble, c’est l’autorisation d’enfreindre ce qui ne devait durer qu’une chanson, ce qui ne devait dépasser l’instant minuté d’une rencontre en marge de la vie de chacun. »

Croyances

Même l’athée le plus convaincu en vient un jour à avoir des croyances redoutables.
Un matin, il se réveille, et le voilà croyant.
Fervent croyant.
Il s’en va alors professer sur les routes du monde et les fils de la toile toute la grandeur de sa religion : « Vous êtes tous des cons.  »
En post scriptum : « Bande de sales croyants ».

Puisqu’il faut continuer.

Si j’avais le temps, je vous copierais bien l’intégralité du bouquin, mais le temps nous est compté, vous savez bien…

« J’ai sangloté dans les bras de Julie, et Julie s’y est mise à son tour, on s’est vidés jusqu’à cette sorte d’évanouissement qu’on appelle le sommeil, ce répit dont on se réveille avec un enfant perdu, un ami en moins, une guerre en plus, et tout le reste de la route à faire malgré tout, car il paraît que nous aussi nous sommes des raisons de vivre, qu’il ne faut pas ajouter le départ au départ, que le suicide est fatal au coeur des survivants, qu’il faut s’accrocher, s’accrocher quand même, s’accrocher avec les ongles, s’accrocher avec les dents. »

Monsieur Malaussène, Daniel Pennac.

Chaque mot trouve sa raison d’être par rapport au roman, et chaque mot raisonne dans nos âmes comme s’il nous racontait notre propre histoire, le chemin de l’homme, l’humanité qui déambule.
Il est sans doute là, l’art de la métaphore. Nous parler, sans avoir l’air de s’intéresser à nous. Pauvres lecteurs.
Amen.

Le sommeil du juste.

Tête lourde. Bière, chaleur.
La rose séchée me surveille de la-haut, posée à côté de la webcam.
Plus de questions à poser à personne.
Si ce n’est à moi-même.
Plus de haine à vider, la source s’est tarie.
Mais je l’ai bien faite travailler.
Les éléments sont tous là, étalés dans ma tête.
Et c’est à moi de savoir où je veux aller, maintenant.
Quelle qu’elle soit, j’ai déjà peur de la réponse que je vais m’apporter.
Reposer tête. Arrêter réfléchir.
Yeux fermés. Fuir dans le sommeil.
Tout cela a un goût de grande lassitude.

Un jour, j’aimerais pouvoir aller m’endormir en me disant que ce sommeil est mérité, et qu’il est le sommeil du juste.

Recommencer.

Bonjour, moi c’est Blandine. Et toi ? Ha oui hihihih… Dis tu m’fais un bisou ? Et puis après, je veux bien t’en faire un. Hihihi. C’que t’es drôle. Ho oui, qu’est ce que je suis bien avec toi. Allez viens, on va jouer à superman dans les couloirs du métro. Bon alors toi tu bouges pas et moi, je grimpe là. Non pas là. Là. Hein quoi ? Qu’est ce que tu dis ? Mais qu’est ce que tu racontes quand même comme conneries. Putain, t’es pas sexy quand tu te brosses les dents hein. Bon, et c’est quand qu’on va voir ma mère ? On est toujours chez la tienne, y’en a marre. Heureusement que t’as un beau petit cul quand même. Je sais pas comment je ferais sans toi. Dis, tu m’aides à faire ça ? Mais arrête de foutre le bordel partout où tu passes !!! Je t’admire d’être aussi patiente. T’as des yeux de début du monde. Et pourquoi tu fais couler l’eau dans la salle de bain si t’y es pas ? Et toi t’es belle, avec les cheveux attachés comme ça. Je t’aime. Tu sais. Moi aussi, je t’aime. Qu’est-ce qu’on a fait pour en arriver là…

Putain. Va faloir encore tout recommencer.
Rewind. Rewind. La partie n’est pas assez bien jouée. Je vais pas battre mon record si je joue comme une merde, comme ça. Ha non !!! Putain, y’a un con qui vient de tout gâcher, là !!! Et là !!! T’as vu ?? Y’a une tâche sur la photo !!! Non mais c’est pas possible, c’est vraiment trop moche !! Je veux que TOUT soit parfait !!!! Non non, je peux pas continuer comme ça, faut que je recommence. Faut recommencer. Faut tout recommencer. Faut repartir de zéro. Repartir de la case départ. Repartir. Recommencer. Tout raser. Tout refaire. Tout reconstruire. Pour faire mieux. Enlever les tâches. Effacer toutes les imperfections. Je veux que tout soit parfait. Recommencer. Toujours. Jusqu’à la fin.
Et qu’un matin, je me réveille, et je m’aperçois que le crédit de jeu est épuisé.

Les roses…

Je regarde les roses, en fumant ma cigarette.
Je regarde les roses.
Et je me frôle de ma propre pitié.
Comme je la déteste, cette haine. Comme je l’ai en horreur.
Comme je ne suis pas faite pour haïr…
Faites qu’elle s’en aille, vite.
Faites que je réussisse à la combattre.
En suis-je capable, seule ?
Suis-je capable de m’arrêter avant l’épuisement total de toutes mes ressources d’humanité ?
C’est un déferlement, une montagne, un seïsme…
Et je pleure de me savoir si sale.
De toute cette poussière que vous avez soulevée, de toute cette merde que vous m’avez donnée.
Je pleure de voir ce que la vie est capable de faire de moi.
Je pleure de voir en quoi je suis capable de me métamorphoser.

Je ne suis pas faite pour ça, moi.
Moi, je suis faite pour aimer.
Je suis faite pour offrir des sourires.
Je suis faite pour grogner en me levant et faire l’amour en me recouchant.
Je suis faite pour t’écouter, quand tout va mal, quand tout va bien.
Je suis faite pour faire de mon mieux pour aider.

Ne gardez pas l’image de ce monstre que les mensonges ont crée.
Prenez patience, s’il vous plaît, le temps que je l’aie recraché.