• 22Aug

    Je te souhaite de ne pas réussir ta vie.
    Je te souhaite de vivre autrement que les gens arrivés.
    Je te souhaite de vivre la tête en bas et le cœur en l’air, les pieds dans tes rêves et les yeux pour l’entendre.
    Je te souhaite de vivre sans te laisser acheter par l’argent.
    Je te souhaite de vivre debout et habité.
    Je te souhaite de vivre le souffle du feu, brûlé vif de tendresse.
    Je te souhaite de vivre sans titre, sans étiquette, sans distinction, ne portant d’autre nom que l’humain.
    Je te souhaite de vivre sans que tu aies rendu quelqu’un victime de toi-même.
    Je te souhaite de vivre sans suspecter ni condamner, même du bout des lèvres.
    Je te souhaite de vivre sans ironie, même contre toi-même. Je te souhaite de vivre dans un monde sans exclu, sans rejeté, sans méprisé, sans humilié, ni montré du doigt, ni excommunié.
    Je te souhaite de vivre dans un monde où chacun aura le droit de devenir ton frère et de se faire ton prochain.
    Un monde où personne ne sera rejeté du droit à la parole, du droit d’apprendre à lire et savoir écrire.
    Je te souhaite de vivre dans un monde sans croisade, ni chasse aux sorcières.
    Je te souhaite de vivre dans un monde libre d’aller et venir, d’entrer et de sortir, libre de parler librement dans toutes les églises, dans tous les partis, dans tous les journaux, à toutes les radios, à toutes les télévisions, à toutes les tribunes, à tous les congrès, à toutes les assemblées, dans toutes les usines, dans tous les bureaux, dans toutes les administrations.
    Je te souhaite de parler non pour être écouté mais pour être compris.
    Je te souhaite de vivre l’inespéré, c’est dire que je te souhaite de ne pas réussir ta vie.

    Michel Quoist

  • 22Aug

    Toujours pas envie d’écrire. A peine de lire. Mais besoin de penser.
    Pourquoi les beaux souvenirs ont-ils ce gros défaut de toujours appartenir au passé ? Doit-on forcément se situer dans le temps révolu pour faire partie d’une vie ? Et ceux qu’on a laissé dans notre passé, ne sont-ils pas toujours les plus présents ? Surtout lorsqu’ils sont en plus omniprésents.
    Présent partout, présent toujours, présent la nuit, présent le jour.
    Je sais pas. Je me demande, c’est tout.

    Je perds l’habitude de l’effort d’écriture. Ou plutôt, l’écriture devient un effort à produire.
    Mais j’aimerais bien vous raconter ma vie, si j’étais un chien.
    Ou plutôt, vous raconter celle de l’homme qui était un teckel, mais qui n’en savait rien. Eventuellement un chihuahua.

    J’ai des cartes postales, avec un sapin de noël dessus, à envoyer. Je trouve la saison propice.
    Fin de l’effort.
    J’aime la fonction “mark all read” de mon agrégateur. J’ai l’impression de faire du boulot super rapide et super efficace. Et surtout, d’enfin savoir garder l’essentiel.
    Retour à la prochaine lune.