• 07Nov

    Les yeux lisent. Le sang afflue. Remonte, lentement. Dans la poitrine, ça cogne fort. ça s’agite et ça palpite. Dans la gorge. Y’a un truc qui tape violemment, qui essaie de sortir… Montée fulgurante dans les tempes.
    Se calmer… ne pas songer à son air innocent. A son mensonge éhonté. Heureusement que j’avais réussi à te faire cracher un petit morceau, hein. Heureusement que je viens pas de tout réaliser d’un seul coup. J’aurais la tête en bouillie et je serais bonne pour le malaise vagal, les papillons devant les yeux et …. ha mais oui, j’ai déjà les fourmis dans les doigts.
    Heureusement que t’as la chance de pas être en face de moi, maintenant, là…

    Le seul truc qui réussisse à me faire sourire, c’est la chanson qui vient de me bondir à l’esprit, en relisant ces mots, en pensant à cet innocent objet trouvé dans ta salle de bain… “Ha mais, vraiment, je vois pas du tout à qui ça peut être. Non non non. Ah que non. Du tout du tout.”
    Les souliers Verts, de Linda Lemay… Dédiée à tous ces mauvais comédiens de la vie qui nous prennent vraiment pour des grosses truffes.

    Ça faisait deux petits mois d’amour
    Qu’on s’connaissait
    Pas un seul accroc dans l’parcours
    C’était parfait
    On a fini par s’faire l’amour
    On a choisi notre moment
    On était mûrs, on était sûrs
    De nos moindre petits sentiments
    J’étais sceptique, j’étais peureuse
    T’as mis deux mois
    À remettre ma confiance boiteuse
    En bon état
    J’avais baissé mon bouclier
    Cessé de nous prédire une guerre
    J’étais en train d’emménager
    Lorsque j’ai vu… les souliers verts
    Des souliers verts à talons hauts
    Dans l’garde-robe
    Une paire de souliers verts
    Aussi suspects qu’ignobles
    J’les ai r’gardés droit dans les semelles
    Quand ils m’ont sauté dans la face
    Et ça puait la maudite femelle
    Qui a dû les porter rien qu’en masse
    Et ce fut un interminable face-à-face
    C’était entre moi et la vieille paire de godasses
    Et j’ai vu ma vie défiler
    Devant mes yeux déconcertés
    Et j’ai senti la sueur couler
    Le long d’ma tempe …
    Ça faisait deux petits mois d’amour
    Qu’on s’connaissait
    Fallait voir ça la belle petite cour
    Que tu m’faisais
    J’avais cessé d’me protéger
    Depuis le cœur jusqu’à la chair
    J’me sentais en sécurité
    Jusqu’à ce que j’voie… les souliers verts !
    Des souliers verts à talons hauts
    Sur la tablette
    Une paire de souliers verts de femme
    Ou de tapette
    J’les ai r’gardés droit dans les semelles
    Dieux merci, c’tait pas ta pointure
    J’suis allée m’mettre des gants vaisselle
    Pour m’emparer d’ces petites ordures
    Quand j’suis arrivée dans la chambre
    En t’les montrant
    T’étais comme un caméléon sur le lit blanc
    Je t’ai demandé à qui c’était
    J’peux pas croire que t’as bredouillé
    Exactement ce que j’craignais
    Que t’en avais aucune idée
    Que t’étais le premier surpris
    Qu’t'avais jamais vu ça avant
    Au grand jamais, jamais d’la vie
    Non… sincèrement !!
    …Ben oui ça pousse des souliers verts
    C’est comme une sorte de champignon
    Une sorte de quenouille ou d’fougère
    Ça devait être humide dans ta maison
    C’est parfaitement compréhensible
    Qu’ça apparaisse des souliers verts
    J’pense même qu’y en a des comestibles
    Mais eux, ils poussent dans l’frigidaire
    C’est sûr qu’j'ai pas à m’inquiéter
    Des petites chaussures de rien du tout
    Le petit modèle de fin de soirée
    Pour dames à quatre pattes ou à genoux
    Qui sait si c’est pas l’Saint-Esprit
    Qui est venu t’octroyer des souliers
    C’comme les brassières en dessous du lit
    Qui poussent chez d’autres “miraculés”
    Bien sûr !
    Ça faisait deux petits mois d’amour
    Qu’on s’connaissait
    J’allais quand même pas laisser ça
    Nous séparer
    Mais si tu veux bien mon amour
    J’vais me permettre un commentaire
    Pour toutes les jeunes filles au cœur lourd
    Qui ont rencontré des souliers verts
    Allez chercher vos gants d’vaisselle
    Puis jetez-moi ça à la poubelle
    Vous saurez pas l’fond d’l'histoire
    Puis c’est p’t'être mieux de n’pas l’savoir !
    Fermez vos yeux petites brebis
    Vous irez droit au paradis
    Le ciel est rempli de petits anges
    Qui ont jeté des souliers aux vidanges
    Et puis j’vous parie qu’en enfer
    Dans la basse-cour du vieux Satan
    Y a pleins de poules en souliers verts
    Et y a plein d’maris innocents
    Qui n’les ont jamais vues avant
    Non… sincèrement !!!
    Bien sûr… !

  • 07Nov

    Je réécrirai ici quand j’aurai à nouveau envie d’écrire.
    Demain, après-demain, maintenant ou dans deux ans.
    Pour l’instant, je couve d’autres envies.
    Cinq ans que je suis dans cette région.
    D’abord une nécessité, et maintenant un vrai besoin d’aller voir ailleurs.
    Oh, ça prendra le temps que ça prendra. J’ai déjà ma vraie résolution toute prête, en tout cas.
    L’herbe y sera surement moins verte, ça ne laisse aucun doute.
    A moins que j’aille réaliser mon vieux rêve et que j’aille me faire biowoman au fin fond du Larzac.
    Mais je crois que… il serait temps que je commence à réaliser que les rêves ont des dates de péremption.
    Alors faute d’une famille nombreuse, je vais aller songer qu’un boulot bien payé, c’est pas mal non plus. Une carrière, tout ça…
    Tant que je ne deviens pas une “femme pressée”
    Tant que je ne fais pas de promesses que je ne tiendrai pas.
    Tant que je ne fais pas passer ceux que j’aime derrière des papiers et des chimères et des toujours bonnes raisons.
    Tant que je sais être là et simplement comprendre.
    Tant que j’écoute et ne me contente pas d’entendre.
    Tant que je ne deviens pas ce que je déteste avoir vu transfigurer.

    Logique. Et toujours droite malgré les coups.
    Vous m’aurez pas comme ça, bande de petits salopards !
    Hin hin.