Ce n’est pas parce qu’on n’existe plus pour quelqu’un qui vous faisait sentir exister que l’on n’existe plus vraiment.
Il faudrait arriver à s’en convaincre pour pouvoir survivre à tout ça.
L’ombre, la chaîne du passé. Le fantôme qui rôde. Un être mort dans un ailleurs révolu, refermé. Bloqué les verrous. Perdu la clé.
Est-ce donc pour cela que je me suis sentie tellement décédée ?
Suis-je devenue une vieille empreinte morbide dont on cherche absolument à se débarasser ?
Moi qui voulait me sentir en vie, voilà que l’on cherche à me déguiser en morte.
Il va faloir se séparer. Elle et moi.
Fermer la porte. Boucher les serrures. Perdre les clés. Oublier un peu qui je suis, en asphyxiant celle que j’ai été.
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17Nov
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17Nov
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Est-ce que je me force à chanter dans la salle de bain le matin ?
Est-ce que c’est vraiment vrai, pour de vrai, ce beau leurre…
Je suis morte hier soir. D’un cancer du bonheur.
D’une apoplexie de la vie, d’un déchirement du coeur.
Je suis morte de solitude égoïste, au fond de mon lit.
J’avais pas mon chat. Et j’étais complètement vide.
Dans mon grand lit plein.
J’ai froid dans mon bras, peur dans mon pied.
Mal dans mon pull et la sueur qui fait couler mes yeux.
J’me regarde, j’me trouve belle.
Au moins jolie.
Je m’aime bien. C’est déjà ça.
J’me trouve sympa comme fille. J’aimerais bien qu’on devienne copines.
Qu’on se tienne compagnie.
Qu’on se soigne les plaies du bonheur. Les crevasses du coeur.
Qu’on danse toutes les deux. Puisque y’a plus que nous,
dans ma vie.
