• 05Dec

    En marchant parmi vous, je me demande si vous êtes heureux.
    Si toi, la dame pas belle qui me toise d’en bas, tu as eu des enfants. Combien. Si ton mari est un pauvre crétin. Si ta descendance, je suis sûre que tu en as une, te traite comme un chien ou comme un poisson rouge.
    Si toi, la dame pimpante qui m’ignore d’en haut, tu as fait l’amour au cours des six derniers mois.
    Si vous, vieux monsieur, vous serez seul devant votre télé pour noël.
    Si toi et toi, jeunes lycéens qui vous tenez par la main, vous serez encore ensemble dans dix ans.
    Si toi, la fille qui me regarde dans cette vitrine, tu arriveras à te guérir du bonheur qui est derrière toi. Je te connais toi, on s’est déjà vues ce matin dans ma salle de bain. T’as l’air triste, dis-moi. T’as l’air tout froid dans ton manteau noir. Pourtant, y’a du soleil au dessus de ta tête, regarde. Non ? On dirait que ça ne te console pas. Tu aimerais quoi, pour être heureuse, toi ? Partir ? Encore ? Oui, t’as raison. On dit pas “partir, encore”. On devrait dire “recommencer, à nouveau”. Parce que dans ton grand labyrinthe, il reste plein de chemins à explorer. Quitte à abandonner les lieux où tu as été heureuse. Derrière toi, le soleil, derrière toi. Il tourne, vite. Regarde.
    Depeche-toi.