Backdraft

Je serais plutôt partisane du fait que l’on gagne toujours beaucoup. On gagne des quantités astronomiques de bonheur. Mais on choisit souvent de ne pas valider le ticket, de ne pas aller récupérer son lot, de laisser lettre morte au courrier de la Française des voeux.
Tiens. Pas plus tard qu’hier soir, je suis encore tombée amoureuse. J’en ai rêvé toute la nuit. Et je n’irai même pas gratter le ticket. Trop difficile. Trop compliqué. Trop près. Trop évident. Trop dangereux.
Et j’y pense, encore, ce matin. Et puis je décide de tourner en rond. De me concentrer sur ce que je n’ai pas gagné. Et surtout sur ce que j’ai perdu.
Les métaphores sont infinies, elles. Je les déteste.
Toi, je ne t’ai plus.
Ce serait tellement plus simple, de ne plus rien écrire du tout. J’m’en fous d’être amoureuse, tu sais. J’m’en fous de faire battre mon coeur. Tout ça pour la joie de la fée mère. Et surtout, un grand sourire niais. Tant que la drogue dure. Tant que tu me fais de l’effet.
Passons à autre chose, je ne suis pas faite pour cela. Ou alors ce sont les autres qui ne sont pas faits pour moi. Combien de fois, depuis le début, est-ce qu’on nous a chanté ce refrain ? Tu mérites mieux que ça ! Il n’est pas fait pour toi ! T’es tellement bien, j’me fait pas de souci pour toi !
Merci, c’est gentil.
Je suis touchée. Si si. En plein coeur.
C’est beau, hein ? Les paroles gentilles. Les trucs qui te réconfortent quand toi tu sais, bien profond, bien gravé, que ça marchera jamais. Quand tout ce qui te rend heureuse, c’est de te dire que moi, je m’abandonnerai pas. Je serai toujours là pour moi. On sera toujours deux. On sera toujours heureux.
Pas quatre bras, pas de chocolat.
Dommage que je ne sois pas plus vieille. Il y a des jours où je suis presque prête pour partir.
Il faut attendre. Encore un peu. Attendre de pouvoir dire qu’il est trop tard pour mourir jeune.
C’est de la politesse, ça, monsieur. C’est laisser ses parents entrer en premier dans le grand restaurant.

(Ouuuh !!! C’est noir c’est sombre ! tu te sens bien ? qu’est ce qui va pas ? tu veux qu’on parle ? faut qu’on discute … t’es sûre que ça va ?).
ça va.
Eponge à émotions. C’est tout.
Il faudrait que l’on m’explique, un jour, de quoi je fais le deuil, pour vouloir m’enterrer comme ça. A force de te triturer, les seuls mots qui finissent par te venir aux lèvres, c’est « donner », « offrir », « foutre », « laisser » et « paix ». L’essence même de la vie sociale, animale, spirituelle. Au fond.

3 réflexions sur “Backdraft

  1. alain dit :

    « C’est pas moi le plus chanceux mais je me sens pas le plus à plaindre
    Et j’ai compris les règles du jeu, ma vie c’est moi qui vais la peindre »
    C’est de qui?
    😉

  2. Plancton dit :

    Alors ça, ça mérite un gros bisou 🙂
    Je n’ose imaginer les efforts que tu as du t’infliger pour en arriver à le citer ici !

  3. alain dit :

    pas besoin de me forcer si je sais que ça va te faire plaisir 🙂
    bisou aussi

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