• 09Feb

    L’angoisse. Merde. Pourquoi moi, je suis seule ? Et pourquoi lui il s’envoit en l’air ? Hein ? Non mais soyons clair avec notre moi-même. C’est pas de la jalousie d’amour. C’est de l’envie. Enfin… Non qu’il y ait quoi que ce soit à envier dans une situation qui sent la croquette au thon comme celle-là. Mais bordel de merde, je réclame ma dose de luxure et de vautrage !

    Comme s’il n’y avait plus que ça à conserver des errances. La phase de tests est achevée. Les conclusions sont posées : remodelage complet de la boîte à rêves. Les grandes croyances de l’enfant ne font plus avancer personne. L’enfant va avoir trente ans. L’enfant s’essouffle, se gaspille, se répand. Moins que d’autres, sûrement. Mais déjà trop.
    Donc, pas assez.

    Il n’y a plus rien à économiser. Plus rien à construire.
    Quelle impériosité dans cette expression “Maintenant ou jamais” ! Lorsque l’enjeu est d’importance, soyons sincères, vous ne laissez pas passer l’occasion du “maintenant”.
    Vous avez tort. On se sent particulièrement serein une fois tombé dans le “jamais”. Une fois qu’on a dit aurevoir au temps d’avant, au “maintenant”. On se sent calme, posé. Particulièrement mort, tout en étant plus que jamais vivant.
    Impressions étranges.
    Une dernière mue de jeunesse avant celles du déclin. Homardisation de la trentaine. J’ai niqué mon horloge biologique à coups d’hormones castratrices pendant presque 10 ans. Je suis fumeuse. Je suis donc heureuse de ne pas être déjà morte de mon cancer imaginaire.
    J’ai envie de devenir une femme. Maintenant que je ne suis pas mère.