• 15Mar

    Je viens de sortir du supermarché.
    En fait, je voulais déjà en sortir il ya quelques jours, lassée de m’énerver gratuitement sur de pauvres types dont le seul tort, au fond, en grattant la couche de bêtise et de médiocrité, est de ne pas se rendre compte qu’ils m’emmerdent profondément. Agacée de dépenser mon énergie et mon temps aussi vainement. Frustrée de ne plus prendre le temps d’écrire et de chercher la veine, de creuser le ventre. Epuisée de moi-même. Revenue de mes pulsions, dont il faut décidément que je me méfie. Je dis ça, je dis ça, jusqu’à la prochaine fois. Mais bon, bref, ceci est un problème entre la morale judéo-chrétienne et moi. Ma petite guerre à moi, officiellement déclarée depuis bientôt quatre ans maintenant.

    Je voulais en sortir il y a quelques jours, quand j’ai jeté un coup d’oeil sur une grappe de mots. Posés là, en dehors des têtes de gondoles, en vrac, perdus dans un rayon. Pas de packaging affriolant. Pas de mise en valeur. Même pas de marque.

    Je suis sortie aujourd’hui, un peu comme une voleuse. Sortie sans achat. Mais j’ai un petit truc dans ma poche. ça ressemble à un grand rire, une forme de fruit bizarre. J’ose pas trop ouvrir la boîte. Mais je la garde avec moi. Je ne sais pas ce qu’il y a dedans. ça doit être drôlement précieux pour que je la regarde comme ça.