• 09May

    - Bonjour, j’aimerais prendre un rendez-vous pour euh… une consultation.
    - Bonjour madame (*salaud*), c’est pour une première consultation ?
    - oui
    - Ha. Et qui vous a conseillé à moi ?
    - Les pages jaunes.
    - Ha. Ok. Je suis le dernier sur la liste alors…

    A vrai dire, non mon brave monsieur, vous êtes le premier que j’appelle, votre nom me plaît bien, ainsi que votre adresse. Vous êtes remboursé par la sécu, vous allez me bourrer de médocs euphorisants, et de plus, vous me filez un rendez-vous dans moins d’une semaine. J’aurais été conne de vous avouer tout ça.
    Non non. Je vais plutôt vous parler de mon obsession lacrymale.
    Y’en a qui ont les couilles remplies de foutre et qui ne pensent qu’à les vider. Moi, c’est pareil. Avec mes yeux.
    J’ai besoin de chialer, d’hurler, de me rouler par terre, de geindre et de me mettre à la porte de mon corps.
    Sac à mots, poubelle à pensées que je suis.
    J’ingurgite votre monde et ne sait pas donner le mien.
    Il n’en sort que de la bile.

  • 09May

    Reflexion faite…
    J’aime bien cette expression. Elle est marrante.
    Tu parles qu’elle est faite la reflexion. Toute la nuit qu’elle a pris son temps et qu’elle s’est pomponnée, bichonnée, curé les oreilles.
    Je suis incapable de m’en sortir toute seule, cette fois.
    Parce que les rochers s’effondrent. Parce qu’ils ne seront pas toujours là pour moi.
    Parce que j’ai envie de et besoin de me sortir de là et que je regarde en -bas… je sais que je suis capable de tout lâcher. Il suffit d’un instant, d’un seul instant de ce désespoir aride et sans barrière.

    J’ai tout cassé, tout détruit. J’ai fui. Lâché. Abandonné.
    Me croyant toujours assez forte pour m’en sortir sans l’aide de personne.
    Et aveugle au point de ne pas voir que jamais je n’ai été vraiment seule jusque là.

    C’est donc normal de finir par comprendre qu’on n’est qu’une imbécile egoiste.
    Juste que ce n’est pas une consolation.