Les copains d’abord

Son ptit nom il l’a chopé sous un bus,
Le poitevin qu’avait peur de rien
Le ptit père qui pétait ses lunettes
Tous les quatre matins
Le ptit gars qui allait jamais bien loin
Sans ses amis de faluche.
Dans sa grotte de Lascaux
Maintenant place aux échos.
J’en connais beaucoup qui vont se sentir seuls
De tous ceux qui ont laissé leur patte
Griffée sur tes murs de marqueur et d’amitié.
Tu t’effondrais là où le vin te portait,
Cette fois t’as fini par trouver ta place
Dans ce monde qui va trop vite.
T’as une place, chaude pour encore longtemps,
Dans les coeurs (et à l’arcade) des porteurs de béret bizarre.
Et même si …
Vendredi, j’boirai un verre pour toi.
Pis j’ai pas de lunettes à péter parce que j’en porte pas.
Mais le coeur y sera.
En mémoire de Gibus.

Non, ce n’était pas le radeau
De la Méduse, ce bateau
Qu’on se le dise au fond des ports
Dise au fond des ports
Il naviguait en pèr’ peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s’app’lait les Copains d’abord
Les Copains d’abord

Ses fluctuat nec mergitur
C’était pas d’la litterature
N’en déplaise aux jeteurs de sort
Aux jeteurs de sort
Son capitaine et ses mat’lots
N’étaient pas des enfants d’salauds
Mais des amis franco de port
Des copains d’abord

C’étaient pas des amis de luxe
Des petits Castor et Pollux
Des gens de Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe
C’étaient pas des amis choisis
Par Montaigne et La Boetie
Sur le ventre ils se tapaient fort
Les copains d’abord

C’étaient pas des anges non plus
L’Évangile, ils l’avaient pas lu
Mais ils s’aimaient tout’s voil’s dehors
Tout’s voil’s dehors
Jean, Pierre, Paul et compagnie
C’était leur seule litanie
Leur Credo, leur Confiteor
Aux copains d’abord

Au moindre coup de Trafalgar
C’est l’amitié qui prenait l’quart
C’est elle qui leur montrait le nord
Leur montrait le nord
Et quand ils étaient en détresse
Qu’leurs bras lancaient des S.O.S.
On aurait dit les sémaphores
Les copains d’abord

Au rendez-vous des bons copains
Y avait pas souvent de lapins
Quand l’un d’entre eux manquait a bord
C’est qu’il était mort
Oui, mais jamais, au grand jamais
Son trou dans l’eau n’se refermait
Cent ans après, coquin de sort
Il manquait encore

Des bateaux j’en ai pris beaucoup
Mais le seul qu’ait tenu le coup
Qui n’ai jamais viré de bord
Mais viré de bord
Naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s’app’lait les Copains d’abord
Les Copains d’abord

Une réflexion sur “Les copains d’abord

  1. Clement dit :

    😉 :'(

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