• 05Jun

    Son ptit nom il l’a chopé sous un bus,
    Le poitevin qu’avait peur de rien
    Le ptit père qui pétait ses lunettes
    Tous les quatre matins
    Le ptit gars qui allait jamais bien loin
    Sans ses amis de faluche.
    Dans sa grotte de Lascaux
    Maintenant place aux échos.
    J’en connais beaucoup qui vont se sentir seuls
    De tous ceux qui ont laissé leur patte
    Griffée sur tes murs de marqueur et d’amitié.
    Tu t’effondrais là où le vin te portait,
    Cette fois t’as fini par trouver ta place
    Dans ce monde qui va trop vite.
    T’as une place, chaude pour encore longtemps,
    Dans les coeurs (et à l’arcade) des porteurs de béret bizarre.
    Et même si …
    Vendredi, j’boirai un verre pour toi.
    Pis j’ai pas de lunettes à péter parce que j’en porte pas.
    Mais le coeur y sera.
    En mémoire de Gibus.

    Non, ce n’était pas le radeau
    De la Méduse, ce bateau
    Qu’on se le dise au fond des ports
    Dise au fond des ports
    Il naviguait en pèr’ peinard
    Sur la grand-mare des canards
    Et s’app’lait les Copains d’abord
    Les Copains d’abord

    Ses fluctuat nec mergitur
    C’était pas d’la litterature
    N’en déplaise aux jeteurs de sort
    Aux jeteurs de sort
    Son capitaine et ses mat’lots
    N’étaient pas des enfants d’salauds
    Mais des amis franco de port
    Des copains d’abord

    C’étaient pas des amis de luxe
    Des petits Castor et Pollux
    Des gens de Sodome et Gomorrhe
    Sodome et Gomorrhe
    C’étaient pas des amis choisis
    Par Montaigne et La Boetie
    Sur le ventre ils se tapaient fort
    Les copains d’abord

    C’étaient pas des anges non plus
    L’Évangile, ils l’avaient pas lu
    Mais ils s’aimaient tout’s voil’s dehors
    Tout’s voil’s dehors
    Jean, Pierre, Paul et compagnie
    C’était leur seule litanie
    Leur Credo, leur Confiteor
    Aux copains d’abord

    Au moindre coup de Trafalgar
    C’est l’amitié qui prenait l’quart
    C’est elle qui leur montrait le nord
    Leur montrait le nord
    Et quand ils étaient en détresse
    Qu’leurs bras lancaient des S.O.S.
    On aurait dit les sémaphores
    Les copains d’abord

    Au rendez-vous des bons copains
    Y avait pas souvent de lapins
    Quand l’un d’entre eux manquait a bord
    C’est qu’il était mort
    Oui, mais jamais, au grand jamais
    Son trou dans l’eau n’se refermait
    Cent ans après, coquin de sort
    Il manquait encore

    Des bateaux j’en ai pris beaucoup
    Mais le seul qu’ait tenu le coup
    Qui n’ai jamais viré de bord
    Mais viré de bord
    Naviguait en père peinard
    Sur la grand-mare des canards
    Et s’app’lait les Copains d’abord
    Les Copains d’abord

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