• 27Nov

    J’ai un truc qui pèse lourd dans les mains.
    Un stylo sans doute ou une bouteille d’oxygène.
    Corps étranger.
    Un papier à signer, un autre à écrire, beaucoup à cracher.
    Froid, métallique, toujours un peu de sang dans la bouche.
    Des morceaux de chair qui s’envolent en silence sous les coups avides de ceux qui volent.
    Les ailes propres, juste un peu de sang qui sèche.
    Ceux qui sont déjà trop loin et que je ne rattraperai qu’au prix d’un leste sans commune mesure
    entre ce que j’ai dans les mains et ce qui reste à abandonner.
    J’entends lâche moi. J’attends prends moi.
    J’entends lâche toi. J’attends prends toi
    En mains les clés.
    Répandus sur le sol les carreaux clairs
    quatre années centimètres par centimètres
    mois après mois, lentement.
    Morts de cendres pendant que je meurs de trouille.
    La bouffée d’air qui fera tout imploser.
    La clé dans la bonne serrure et mes mains sur un clavier.
    C’est pas le moment de tout lâcher.
    Juste des morceaux de papier qui s’envolent en silence sous les coups à vide de ceux qui me poussent
    à voler.

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