• 03Jun

    Des ampoules de ginseng et de gelée royale.
    Ersatz pour la tête.
    L’espoir malsain s’étouffe peu à peu en dedans.
    Avec un oreiller sur la bouche, ça va plus vite.
    Je regarde les phases du deuil passer lentement dans ma tête, dans un long goutte à goutte, l’issue d’un flacon qui ne se vide pas.
    Des semaines entières déjà, occupées à ce seul travail qui m’obsède, me nuit, me remplit.
    Une histoire de vases communicants peut-être.

    La phase critique arrive. Celle où l’énergie est épuisée. La confiance à zéro.
    Je lâche ma drogue préférée, narcisse pervers adoré.
    Je lâche mon envie muée en dégoût, tellement attirant.
    Tellement fatigant.
    Une histoire d’instinct de survie sans doute.

    Je lâche ce bord-là, j’ai pieds.
    Je sais que j’ai pieds.
    J’espère que j’ai pieds.

    J’arrête de mentir aux ersatz.
    J’arrête de mentir.
    Je me sens à poils sans ton aura.
    Si peu sensuelle, dans mon habit de femme oubliée.

    Une goutte de plus évaporée.
    Une autre avalée.
    Demain, j’essaie de revenir à la réalité.
    Celle qui me dira de ne plus te goûter.