Capture

J’ai voulu prendre une photo. Un instantané. De ceux que l’on garde des années, dans un tiroir de sa table de chevet ou bien dans la grande poche du portefeuille, à la place des billets qui, eux c’est certain, sont voués à circuler et ne jamais rester.
Une photographie que je prendrais plaisir à ressortir, parfois, souvent, chaque instant. Une photo qui peut-être saurait vieillir sans jaunir. Une photo qui tiendrait en elle toute la Foi que j’ai voulu capturer à cet instant.
Une photographie de la croyance.
Une photographie de tous les mots qui ne se prononcent pas, de peur de les fêler. Des mots silencieux, des soupirs et des couleurs, rythmés par un générique de fin de film, une musique dont seuls les battements de coeur m’arrivaient.
Une photographie de l’éternelle fragilité.
La fibre qui s’est tissée alors entre son regard et le mien.
Lien intense, invisible, fugace.

Mais pourquoi chercher à l’enfermer sur un bout de papier, sur des pixels, du vocable, des noms, des verbes et deux sujets ?…
Pourquoi ai-je envie de courir après la vanité, la conservation, souvent stérile, de ces instants, alors que je ne sais pas chasser ?

Je nous préfère en liberté.
Et laisser les échos vibrer de tous les accords de nos présents.

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