C’est un enfant de 6 ans, en CP et classe d’adaptation, qui a dessiné ça.
Alors déjà, j’ai de quoi être un peu verte, je dessine moins bien que lui. J’ai un gros problème avec les perspectives ; mais aussi, et c’est là le plus catastrophique, avec les personnages. Rien à faire, je n’ai jamais réussi à dépasser le cap de la patate surmontée de multiples batons avec un gros rond au-dessus. Ben quoi, ça ressemble pas à un bonhomme ça ?
Mais bon bref, moi on s’en fout, c’est pas ça le sujet. C’était simplement pour parler du fait que y’ a pas si longtemps que ça, on s’en serait foutu complètement qu’un enfant de 6 ans dessine de jolis trucs ou pas. On s’en serait tapé le coquillard par terre qu’il ait un sens assez développé de la perspective.
Parce que ce petit garçon, ou cette petite fille, ben de toute façon, il/elle aurait eu une étiquette “attardé, débile, mongole ou je ne sais quoi” collée sur le front. Alors on l’aurait mis dans son établissement d’attardés, débiles, mongoles ou je ne sais quoi et on l’aurait laissé pousser à l’écart de la “normalité”, pour pas qu’il emmerde tous les autres enfants “normaux”.
Tandis qu’aujourd’hui, l’intégration scolaire, c’est quand même autre chose. Y’a eu de supers progrès, c’est indéniable. Bon, ça a mis du temps quand même hein… Et c’est loin d’être fini.
Le souci, c’est que je crois bien que personne n’a encore réussi à trouver un moyen pour décoller les étiquettes du front des gens. Que les méthodes d’apprentissage se sont adaptées à ces enfants “inadaptés” et que c’est déjà pas mal. Mais il reste le plus difficile à bousculer, après les méthodes… Il serait temps de faire évoluer le regard des hommes sur leurs congénères. Et c’est pas avec une loi qu’on fera bouger ça.
Enfin voilà. Pas le temps pour bien développer tout ça, et je le regrette. Ca fait partie des rares sujets qui me tiennent vraiment à coeur. Sujet qui me fait poser pas mal de questions au niveau de mon orientation professionnelle, en outre.
C’était juste la petite pensée du matin. Faites-en (ou pas) ce que bon vous semblera (ou pas). C’est le but.